Export Sénégal

Menu

Accueil / Actualités / L’huile de neem, un biopesticide efficace

L’huile de neem, un biopesticide efficace

Le neem pousse vite et son feuillage est épais : c’est surtout comme arbre d’ombrage qu’on le connaît en Afrique de l’Ouest et il est présent dans toutes les concessions. Mais ses propriétés antibactériennes, antifongiques, insectifuges et médicinales, que l’on découvre petit à petit grâce aux promoteurs de l’agriculture biologique, sont connues depuis l’antiquité en Inde, dont il est originaire.

Partagez cette page Publié le 15 juin 2021 | 0 commentaire

Les effets antiparasitaires des extraits de graines de neem ont fait l’objet de nombreuses études scientifiques à travers le monde. Elles ont démontré leur efficacité dans le contrôle de plus de 400 espèces d’arthropodes, nématodes nuisibles et diverses maladies des plantes.

Les propriétés du neem sont dues à divers composants, dont l’azadirachtine est le principal, mais il y en a bien d’autres, répondant aux jolis noms de melantriol, nimbine, nimbidine, nimbinine, salannine, azadirone, azadiradione, gédunine, valassinine…

Les remarquables propriétés insecticides de l’azadirachtine, active à des doses inférieures à 0,1 ppm, la placent comme l’une des plus prometteuses parmi les substances naturelles actives extraites de plantes.

Au moins douze modes d’action de l’azadirachtine ont été répertoriés : elle peut agir comme répulsif, anti-appétant ou phagodissuasif ou encore comme régulateur de croissance pouvant affecter la ponte chez les femelles ainsi que la mue et la croissance des larves chez certains arthropodes, ovicide, larvicide, affaiblissant les insectes et inhibant leur résistance.

Elle s’est notamment montrée efficace, sur les insectes suivants : charançon du riz (Sitophilus oryzae), charançon du mais (Sitophilus zeamais), capucin des grains (Rhizopertha dominica), dermestre des grains (Trogoderma granarium), Bbruche à quatre pattes (Callosobruchus maculatus), Bruche chinoise (Callosobrochus chinensis), Cocinelle mexicaine du haricot (Epilachna varivestis),Cicadelle brune du riz (Nilaparvata lugens), Chenille défoliante (Spodoptera litura), Tetranyques tisserands (Tertranchyus. Spp), Pucerons, Thrips de l’oignon (Thrips tabaci), Mouche du melon (Dacus cucurbitae), Mango fruit fly( Ceratitis cosyra), Mouche Mediterran des fruits (Ceratitis capitata), Teigne des cruciferes (Plutella xylostella), Noctuelle du riz (Sesamia inferens), Natal fruit fly (Ceratits rosa), Pyrale rouillee (Chilo suppressalis), ver de la capsule du cotonnier( Heliothis armigera).

Du fait des ses multiples modes d’action et des synergies entre ses différents principes actifs, le développement de résistances à l’huile de neem est très peu probable.

Neem

Des limites à son utilisation

Cependant son utilisation a des limites. Elle agit également sur les nevroptères (insectes non phytophages et non nuisibles, utilisés comme organismes auxiliaires dans la protection des cultures), et son utilisation en plein champ est limitée par son instabilité, due principalement à un taux élevé de photo-dégradation, sa faible rémanence et sa lenteur d’action comparativement à celle des pesticides conventionnels.

L’huile de neem n’est donc pas une solution miracle et absolue. Son utilisation doit s’intégrer dans une stratégie de lutte biologique raisonnée contre les parasites des cultures.

Traitement du sol

Des formulations à base de neem ont été utilisées également avec succès comme fongicides sur le chancre de la tige de la tomate, le blanc du concombre, le mildiou sur la vigne et en traitement préventifs de pathogènes attaquant sur les fruits après récolte, tels que Monilinia fructicola, Penicillium expansum, Trichothecium roseum and Alternaria. L’huile de neem s’est montrée efficace dans le traitement du pois chiche contre Rhizoctonia solani, Sclerotium rolfsii et Sclerotinia sclerotiorum qui provoquent des dégâts considérables sur cette culture.

L’application d’une solution d’huile de neem à 3% a permis de protéger efficacement le piment contre le Mildiou pulvérulent. Elle a permis d’assurer un contrôle total de ce pathogène sous serre, se révélant plus efficace que le benlate (benomyl), traitement standard le plus utilisé de par le monde.

Le tourteau de neem incorporé au sol stoppe complètement le développement de formes dormantes de Rhizoctonia Solani, maladie cryptogamique qui affecte diverses plantes à tubercules telles que la betterave et la pomme de terre, mais aussi la carotte, les endives…

Le traitement du sol avec le neem s’est montré efficace contre les nématodes et permet de contrôler les populations de champignons pathogènes dans la rhizosphère : l’application d’une tonne de tourteau par hectare a ainsi été plus efficace que le carbendazim sur la pourriture des racines de Fenugreek provoquée par Rhizoctonia sp.

Le tourteau de neem constitue également un amendement utile, ses qualités nutritives venant en synergie avec ses propriétés phytosanitaires : des analyses réalisées sur les tourteaux produits par SOPREEF ont montré des teneurs intéressantes en P (3462 ppm), K (12551 ppm), Ca (7667 ppm), Na (887 ppm), Mg (2076 ppm).

SOPREEF, entreprise solidaire du département de Foundiougne, produit de l’huile de neem (Azadirachta indica) par simple extraction à froid, un procédé qui permet d’obtenir un taux de concentration en azadirachtine de plus de 1600 ppm.


Voir en ligne : https://www.facebook.com/HuilesDuSenegal

Bruno Legendre, http://vivredurable.net/

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

- -

Cherchez dans l'annuaire

Top