Des actrices clés de la sécurité alimentaire
Dans les zones côtières comme à l’intérieur du pays, les transformatrices, mareyeuses et micro-mareyeuses assurent une grande partie de la distribution des produits issus de la pêche artisanale.
Leur travail permet d’alimenter les marchés locaux et contribue directement à la sécurité alimentaire de milliers de ménages. À travers leurs activités, elles participent également à la vitalité économique des territoires et au maintien de nombreux emplois informels.
Une reconnaissance encore limitée
Malgré leur importance dans la filière, ces professionnelles ne disposent pas d’un statut juridique clairement défini. Cette absence de reconnaissance limite leur accès aux financements, aux dispositifs de protection sociale et aux instances de décision.
Le REFEPAS, présidé par Diaba Diop, plaide pour une reconnaissance officielle du métier de femme transformatrice de produits halieutiques, ainsi que pour une meilleure représentation des femmes dans la gouvernance du secteur.
Une activité fragilisée par la pression sur les ressources
Le secteur de la pêche artisanale au Sénégal est confronté à une diminution progressive des ressources halieutiques. Sur le terrain, cette situation se traduit par des arrivages plus faibles, des marchés moins approvisionnés et une baisse des revenus pour les actrices de la transformation.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :
la pression croissante de la pêche industrielle, en partie orientée vers l’exportation
le développement des usines de farine et d’huile de poisson
les transformations économiques et environnementales affectant les zones côtières
Ces dynamiques réduisent l’accès à la matière première et fragilisent l’ensemble de la chaîne de valeur.
Des mesures attendues pour structurer la filière
À travers cette mobilisation, le REFEPAS met en avant plusieurs priorités :
la reconnaissance officielle du métier de femme transformatrice
l’intégration des femmes dans les instances de gouvernance de la pêche
une gestion plus transparente et durable des ressources halieutiques
Ces enjeux dépassent la seule question sociale. Ils s’inscrivent dans une logique de structuration de la filière et de préservation de son équilibre.
Un enjeu stratégique pour l’économie locale
La pêche artisanale constitue un pilier de l’économie sénégalaise et un levier essentiel pour l’accès à une alimentation accessible.
Dans ce contexte, la place des femmes apparaît déterminante. Leur meilleure intégration dans les politiques publiques et les dispositifs d’accompagnement pourrait contribuer à renforcer la résilience du secteur, à sécuriser les revenus et à soutenir durablement les activités liées à la transformation des produits halieutiques.
« Je transforme, je conserve, je vends. Je nourris ma famille, ma communauté, le Sénégal. Et pourtant, la loi ne me reconnaît pas. »
— Diaba Diop, présidente du REFEPAS


