Dans le même temps, les importations ont reculé de 8 % sur le semestre, à 3 283,5 milliards de FCFA contre 3 568,8 milliards un an auparavant. Le déficit commercial cumulé s’est ainsi fortement réduit, passant de 728,5 milliards en fin juin 2025 à 129,2 milliards de FCFA en fin juin 2026.
Une progression largement portée par les hydrocarbures et les produits extractifs.
Derrière cette amélioration se cache toutefois une évolution importante de la structure des exportations sénégalaises.
Qu’est ce que le Sénégal exporte le plus ?
L’or non monétaire est devenu l’un des principaux moteurs de la croissance. Il représente 654 milliards de FCFA d’exportations sur les six premiers mois de l’année, contre 380,4 milliards sur la même période en 2025, soit une progression de 71,9 %.
Le pétrole brut reste également un poids lourd avec 939,9 milliards de FCFA exportés au premier semestre, malgré une forte baisse des ventes en juin.
Le gaz naturel liquéfié confirme, lui, son entrée en force dans le paysage exportateur : 144,2 milliards de FCFA ont été exportés sur les six premiers mois, contre seulement 18 milliards un an plus tôt.
À eux trois, pétrole brut, or et GNL représentent ainsi plus de la moitié de la valeur totale des exportations sénégalaises du premier semestre. A cela se rajoute les poissons frais de mer et le ciment hydraulique.
Ces résultats sont évidemment positifs mais montrent un manque de diversification.
la croissance des exportations repose-t-elle suffisamment sur une offre diversifiée de produits sénégalais ?
La réponse est encore nuancée.
Le Sénégal dispose de filières capables de générer davantage de valeur à l’export : produits halieutiques, agriculture et agroalimentaire, horticulture, produits transformés, ciment, produits chimiques ou encore certaines industries manufacturières.
Le ciment hydraulique donne par exemple un signal intéressant : ses exportations ont atteint près de 76 milliards de FCFA sur le semestre, contre 51,6 milliards un an auparavant.
Mais certaines filières traditionnelles restent confrontées à des évolutions moins favorables.
En juin, les exportations d’acide phosphorique et de conserves de poisson ont notamment reculé, tandis que les ventes de pétrole brut ont fortement augmenté par rapport au mois précédent.
L’enjeu pour les prochaines années sera donc moins de savoir si le Sénégal peut exporter davantage que de déterminer ce qu’il souhaite exporter davantage.
Passer de l’exportation de ressources à l’exportation de valeur
La progression actuelle montre que le Sénégal dispose désormais de nouveaux moteurs d’exportation avec l’or, le pétrole et le gaz.
Le prochain défi est de transformer cette dynamique en véritable capacité d’exportation durable et diversifiée : davantage de produits transformés, davantage d’entreprises sénégalaises capables d’accéder aux marchés internationaux et davantage de valeur ajoutée créée localement.
Pour les entreprises sénégalaises, la question est donc particulièrement importante : comment profiter de cette nouvelle dynamique du commerce extérieur pour développer les exportations de produits « Made in Senegal » ?
Car la performance des exportations ne se mesurera pas uniquement au montant total vendu à l’étranger. Elle se mesurera aussi à la diversité des secteurs, au nombre d’entreprises exportatrices et à la valeur créée au Sénégal avant que les produits ne quittent le territoire.
Le Sénégal exporte davantage en 2026. Le véritable enjeu est désormais de savoir s’il peut exporter davantage de produits, vers davantage de marchés, avec davantage de valeur ajoutée sénégalaise.
